Martin, Oliver Milton

Oliver Milton Martin est le soldat ayant atteint le plus haut grade jamais détenu par un Autochtone. Durant la Première Guerre mondiale, il a servi tant dans l’armée de terre que dans l’aviation. Et durant la Seconde Guerre mondiale, il a supervisé l’entraînement de centaines de recrus au Canada. Dans la vie civile, il a été professeur, directeur d’école et juge à la Cour provinciale de l’Ontario.

Martin, un Mohawk de la réserve Grand River des Six-Nations, est née le 9 avril 1893, à Ohsweken, Ontario. Il manifestait peut d’attirance pour la vie cloîtrée de la réserve. Aussi a-t-il quitté la réserve à l’âge d’environ 16 ans et s’est trouvé un emploi dans une pharmacie de Rochester, New York. Là, il a rencontré un pasteur américain avec qui il s’est lié d’amitié. Ce dernier lui a conseillé de retourner au Canada et de terminer ses études secondaires. Martin a éventuellement obtenu son diplôme de l’école normale, ce qui lui a permis d’enseigner.

Sa carrière militaire a débuté en 1909 lorsqu’il s’est joint comme clairon au 37e Régiment (Haldimand Rifles). En février 1916, il a quitté son poste d’enseignant pour s’enrôler à titre de lieutenant dans le 114e Bataillon d’infanterie (Brock’s Rangers). Ce bataillon avait été mis sur pied peu avant dans le comté de Haldimand et la réserve des Six Nations, et sa mobilisation se déroulait à son quartier général situé à Cayuga (Ontario). Le bataillon quitta le Canada pour l’Angleterre le 1er novembre 1916. Là, le lieutenant Martin fut éventuellement transféré au 107e Bataillon d’infanterie de Winnipeg (AKA Timber Wolf Battalion) qui allait devenir le 107e Bataillon des Pionniers. Avec ces derniers, le lieutenant Martin a passé sept mois en France et en Belgique où il a survécu à une attaque au gaz. Puis, en 1917, il s’est qualifié comme observateur dans la Royal Flying Corps avant de gagner ses ailes de pilote l’année suivante.

Il semblerait que Martin se soit marié vers la fin de la guerre, puis s’est divorcé au début des années 1920 lorsque sa première épouse est retournée à Londres, Angleterre, avec leur fille Virginia (née en 1918). Après la guerre, Martin a enseigné au Secord School dans East York, en banlieue de Toronto. En 1936, il a épousé l’une des enseignantes, Jean « Lillian » Bunt, à York, près de Cayuga. Après avoir quitté la Secord School, il a été nommé directeur de la Danforth Park School dans East York, poste qu’il conserva jusqu’au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. En tant que lieutenant-colonel, il avait également maintenu ses liens avec son ancien régiment de milice, assumant le commandement des Haldimand Rifles depuis 1930. Lorsque, le 15 décembre 1936, les Haldimand Rifles se sont fusionnés avec les Dufferin Rifles, Martin est devenu le premier commandant du nouveau régiment, et ce, jusqu’au début de la Seconde Guerre.

Dès le début de la Seconde Guerre, Martin a supervisé l’entraînement de centaines de recrues au Canada. Rapidement promu aux grades de colonel en 1939, puis de brigadier peu après, sa première affectation a été celle de commandant de la 13e Brigade d’infanterie (juin 1940-août 1941) dans un camp d’entraînement à Niagara-on-the-Lake :

C'est un groupe pitoyable qui débarqua des wagons à Niagara. Nous avons été chanceux que le brigadier Martin soit notre nouveau commandant. Devinant notre état, il agit avec grand tact et bonté. Sa première inspection de l'unité, et les paroles qu'il adressa aux hommes, lui gagnèrent immédiatement notre amitié et notre loyauté.

Le brigadier Martin commanda ensuite la 14e Brigade d’infanterie (Nanaimo) entre le mois d’août 1941 et mai 1942, et finalement la 16e Brigade d’infanterie (Prince George) sur la côte ouest du Canada entre mai 1942 et juillet 1943. En octobre 1944, à l’âge de 51 ans, il a pris sa retraite du service actif. Il a toutefois accepté, en 1945, le commandement de la 7e Division d’infanterie de l’armée canadienne dans le district de Hamilton-Niagara qui avait été mise sur pied au printemps de 1942 pour assurer la défense du territoire canadien placé sous le commandement de l’Atlantique.

Après son départ des forces armées, Martin a été nommé juge de la Cour provinciale pour le District numéro 6 de l’Ontario qui comprenait les comtés de York, Halton et Peel. Il devenait ainsi le premier Autochtone à occuper un poste judiciaire en Ontario. En tant que tel, il a été fort apprécié pour son humanité et son sens de l’équité. N’ayant pas de formation en droit, il n’a jamais tenté de dissimuler ses faiblesses au tribunal. Lorsqu’il butait sur un point de droit, il n’hésitait pas à demander en toute franchise l’avis des procureurs. Le juge mohawk a servi ce district jusqu’à sa mort en 1957.

Martin a aussi été un fier porte-parole de la cause des Autochtones. Dans un article publié dans « The Indian Missionary Record » (janvier 1954), ainsi que dans un autre article publié peu après dans « The Native Voice » (février 1954), Martin est cité comme ayant déclaré ce qui suit :

Les Indiens de ce pays devraient être traités de la même manière que les autres Canadiens. Je crois qu’ils devraient avoir le droit de vote puisqu’ils payent des taxes sur tout à l’exception des revenus qu’ils gagnent sur leur réserve. Je crois qu’ils devraient avoir le droit de consommer des boissons alcoolisées comme les autres Canadiens. J’avais des soldats indiens sous mon commandement dans chacune des grandes guerres et, lorsqu’ils avaient les mêmes droits de consommer de l’alcool que les autres Canadiens, leur comportement n’était ni meilleur ni pire. Certains se sont soûlés, d’autres pas. Je crois que l’histoire de notre pays devrait être écrite de manière à donner à la nation indienne une part de crédit pour leur contribution à l’exploration et aux pêcheries et au commerce de la fourrure. Les manuels d’histoire devraient aussi leur accorder du crédit pour leur défense des institutions britanniques au Canada, et pour la reddition de tout le territoire de cette nation pour la colonisation sans que les nations européennes ne soient obligées de se battre pour l’obtenir.

Et il a encore ajouté :

J’essaie d’inculquer aux Indiens des notions sur le reste du pays et d’éduquer les gens de ce pays sur les Indiens. J’ai la chance de connaître les deux côtés de la médaille.

Le brigadier Martin a reçu plusieurs récompenses pour ses réalisations. Pour ses 20 ans de services dans la milice, il s’est vu décerner la Décoration pour officiers des forces auxiliaires coloniales. En 1953, lui et son épouse Lillian furent invités et ont assisté au couronnement de la reine Élisabeth II. Martin était membre de la Royal Canadian Military Institute et de la Metropolitan Licensing Commission. En reconnaissance de ses réalisations au cours de son service militaire et dans la vie civile, la Légion royale canadienne a nommé sa filiale No 345 la filiale Brigadier O. M. Martin. Le brigadier-juge est également membre du Temple de la renommée des Indiens.

Lectures complémentaires

  • Anciens Combattants Canada. Soldats autochtones : Terres étrangères. [Ottawa]: Anciens Combattants Canada, 2005. Consulté le 7 mars 2016
  • John Moses, with Donald Graves and Warren Sinclair. A Sketch Account of Aboriginal Peoples in the Canadian Military. [Ottawa]: National Defence, 2004. Consulté le 7 mars 2016
Notice biographique
Nom et prénom Martin, Oliver Milton
Nation Six Nations
Lieu de bande Six Nations River, ON
Date de naissance 1893-04-09
Lieu de naissance Ohsweken, ON
Date de décès 1957-01-01
Proche parent Father: Robert Martin
Métier avant l’inscription Teacher
Notes biographiques In October 1944, the brigadier retired from active service. After leaving the armed forces, Martin was appointed provincial magistrate for Ontario District 6, the counties of York, Halton and Peel. He was the first Native to hold a judicial post in Ontario., The Mohawk magistrate served the district until his death in 1957. Brigadier Martin received many rewards for his accomplishments. For his 20 years of service with good conduct in the militia, Martin was awarded the Colonial Auxiliary Forces Officer’s Decoration., In 1953, he and his wife, Lillian, were invited to, and attended, the Coronation of Queen Elizabeth II., Today, the East York branch of the Royal Canadian Legion is named the Brigadier O. Martin Branch. Cf. https://www.veterans.gc.ca/public/pages/remembrance/those-who-served/aboriginal-veterans/native-soldiers/natives_e.pdf
Religion Church of England
Conflit WWI, WWII
Dossiers de service http://www.bac-lac.gc.ca/eng/discover/military-heritage/first-world-war/first-world-war-1914-1918-cef/Pages/item.aspx?IdNumber=136404
Unité du CEC 114 & 107 Bn, RAF, WWII
Grade militaire Lt., Lt./Col., Brigadier
Expérience militaire antérieure 37th Haldimand Rifles - 3 years
Date d’inscription 1915-02-09
Lieu d’inscription Ohsweken, ON
Âge au moment de l’inscription 21
Historique de service When the 114th Bn was broken up he transferred to the Royal Flying Corps, No service number given for WWI
Décédé à l’âge de 63
Autres liens https://www.veterans.gc.ca/public/pages/remembrance/those-who-served/aboriginal-veterans/native-soldiers/natives_e.pdf
Photo https://www.veterans.gc.ca/public/pages/remembrance/those-who-served/aboriginal-veterans/native-soldiers/natives_e.pdf
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