Smith, Alexander George Jr.

Two sons of Chief Alexander Smith joined the 20th Battalion and both became officers, drawing upon their years of militia experience. Here members of the 20th battalion drill at Exhibition Camp in Toronto before going overseas. (John Boyd / Library and Archives Canada / PA-61412) Source

Alexander George Edwin et Charles Denton Smith

Alexander George Edwin et Charles Denton Smith, tous deux fils d’Alexander George Smith, Chef des Cayugas de la réserve des Premières Nations située près de Brantford, Ontario, ont servi outremer comme officiers d’infanterie durant la Seconde Guerre mondiale, et tous deux se sont mérités la Croix militaire (C.M.) en reconnaissance de leurs services distingués. La C.M. est semblable à la Médaille militaire (M.M.) sauf qu’elle est réservée aux officiers de grades ne dépassant pas le grade de capitaine et, éventuellement celui de major.

Alexander George Edwin Smith est né le 14 août 1880 sur la réserve des Six Nations près de Brantford. Et c’est là qu’il a épousé Mabel Phoebe Doxtater le 9 décembre 1908. Le couple a donné naissance à 7 enfants dont Harold J. (1912-1980), un acteur hollywoodien mieux connu sous le nom de Jay Silverheels qui a joué le rôle de « Tonto », le fidèle compagnon amérindien du héros de la série télévisée « The Lone Ranger ». Quant à son jeune frère, Charles Denton, il est né le 2 octobre 1893 sur la réserve des Six Nations.

À l’instar de plusieurs membres de cette communauté, les deux frères s’étaient enrôlés dans la milice locale, soit le 37e Régiment (Haldimand Rifles) qui se rassemblait chaque été avant la guerre au camp Niagara. Alexander a servi 18 années au sein de ce régiment alors que Charles y a servi 10 ans. Tous deux s’étaient élevés au grade de capitaine.

Alexander comptait parmi les premiers à s’enrôler dans l’armée à Toronto le 13 novembre 1914, trois mois à peine après le déclenchement de la guerre. Il faisait alors partie du 20e Bataillon (Compagnie D du Central Ontario Regiment) du Corps expéditionnaire canadien (CEC). À cause de son expérience antérieure comme officier dans les Haldimand Rifles, il fut immédiatement promu au grade de lieutenant dans le bataillon. Au moment de son enrôlement, il résidait à Sixty Nine (69) Corners au sud de la ville de Hamilton, Ontario, où il travaillait comme entrepreneur.

Le 20e Bataillon, qui avait été mobilisé une semaine à peine avant qu’il ne s’enrôle, a effectué la majeure partie de son recrutement au sein des divers régiments de la milice, y compris le 37e. Au total, 4,310 officiers et soldats ont servi dans ce bataillon durant la guerre et, parmi ceux-ci, 45 officiers ont reçu la Croix militaire. Lors de son arrivée en France le 15 septembre 1915, le bataillon a été affecté à la 4e Brigade, 2e Division canadienne. L’unité s’est battu en France et dans les Flandres jusqu’à la fin de la guerre. Parmi ses exploits les plus notoires, mentionnons les batailles de la Somme, de la crête de Vimy, la Côte 70, Passchendaele, Amiens, la Scarpe, le Canal du Nord, le Canal de l’Escault et l’avancée vers Mons durant les Cent derniers jours.

C’est en France, durant la seconde attaque des Alliés à la Somme en septembre 1916, qu’Alexander a gagné sa Croix militaire. Promu depuis peu au grade de capitaine, on lui confia le commandement de la Compagnie no 4, une unité spéciale chargée de repérer des emplacements appropriés pour le stockage des munitions. Le 26 septembre, il a dirigé sa compagnie dans une attaque pour soutenir le 8e Bataillon dans la vallée de Tara. Avec une unité d’éclaireurs, sa compagnie fut la première à s’avancer. Le journal de guerre de son bataillon raconte ce qui s’est passé au cours de cette journée : « À 17 heures, notre bataillon a reçu l’ordre d’avancer… La progression à gauche a été plutôt lente à cause des tirs de mitraillettes provenant de la Redoute Stuff. Vers 18 h 30, notre Compagnie no 4 a été envoyée tout près pour soutenir le 8e Bataillon. » Smith et sa Compagnie se sont avancés vers la ligne de tir des Allemands qui occupaient une position bien défendue. La citation de Smith explique ce qui est arrivé le second jour de l’attaque. Bien que blessé, « il avança avec un détachement de bombardiers, s'empara d'une tranchée ennemie et fit 50 prisonniers, faisant preuve d'un courage extraordinaire. Il reçut des avalanches d'obus à deux reprises, mais il resta à son poste. »

Au cours de ses trois semaines de combat sur la Somme, le 20e Bataillon a subi 430 pertes dont 111 morts. Le capitaine Alexander Smith était du nombre des blessés. Ayant été évacué en Angleterre pour récupérer, il a écrit une lettre à son père dont voici un extrait : « Tu peux dire à Mable (son épouse) que l’on m’a décerné la Croix militaire pour bravoure et conduite distinguée durant la plus grande bataille que le monde ait jamais connue. N’oublie pas de dire à Donnie et à Harold ce qui Dieu m’a permis, à moi leur papa, d’endurer et d’accomplir. » Il a conclu sa lettre en disant regretter que sa mère n’avait pas survécu assez longtemps pour voir son succès au combat et qu’il n’a pas fait preuve de lâcheté. Sa mère, Mary Hill, était décédée le 12 janvier 1916. En raison de la gravité de ses blessures, il n’est pas retourné au front mais fut envoyé au dépôt de réserve de son unité. Il tomba toutefois malade en avril 1917, fut déclaré invalide et rentra au Canada.

En octobre 1917, il a été affecté à un à un camp d'entraînement à Niagara-on-the-Lake, en Ontario. Ici, il a été nommé adjudant-général adjoint. Construit avant la guerre comme camp d’été pour recevoir jusqu’à 1,200 campeurs, Niagara-on-the-Lake a servi de camp d’entraînement pour des recrus polonais d’origine canadienne et américaine destinés à l’Armée bleue du général polonais Józef Haller, laquelle armée fut officiellement intégrée dans l’armée française en Europe. Dès novembre 1917, le site accueillait plus de 4,300 recrus. Pour les services qu’il a rendus à l’Armée bleue, Alexander Smith fut l’un des seuls cinq Canadiens à être nommés officiers de « l’Ordre de l’Étoile noire de la Pologne » le 19 mars 1920.

Malgré le fait d’avoir été blessé à trois reprises durant la guerre, le capitaine est retourné chez lui à Hagarsville, sur la réserve des Six Nations en juillet 1918. Là, il reprit son occupation d’entrepreneur et devint éventuellement Chef des Six Nations. Comme la plupart des soldats, il parlait peu de ses exploits durant la guerre. Il est mort d’une crise cardiaque le 21 août 1954 à Buffalo, New York, et est inhumé dans le cimetière de Saint Paul Anglican Church, à Middleport, Ontario.

Bien que le frère cadet d’Alexander, Charles Denton Smith, ait également reçu la Croix militaire, l’on sait peu de choses de lui. Le 12 novembre 1915, il semble s’être enrôlé d’abord dans le 114e Bataillon, connu aussi sous le nom de Brock Rangers, à Cayuga, Ontario. Mais, le même jour, il joint les rangs du 18e Bataillon, CEC. Tout comme son frère, son expérience dans les Haldimand Rifles lui a valu dès le départ le grade de lieutenant. Peu après, il fut promu au grade de capitaine. Au moment de s’enrôler, Charles était marié et travaillait comme charpentier à Oshweken situé tout près. Il semblerait aussi qu’il ait travaillé pendant un certain temps comme officier de recrutement sur la réserve des Six Nations.

Charles gagna sa Croix militaire à Frameries, une petite municipalité située au sud-ouest de Mons, en Belgique, le 9 novembre 1918, soit deux jours avant la fin de la guerre. Les Alliés avaient finalement réussi à percer les défenses ennemies le long du front occidental et avançaient résolument vers l'est. Le bataillon de Charles avançait vers Mons. Selon sa citation, « il dirigea l'avance de son peloton avec une telle rapidité qu'il surprit un groupe de sapeurs [ennemis] qui s'apprêtaient à faire sauter une mine sur la route. » Les sapeurs furent arrêtés au moment où ils allumaient la mèche. Puis, plus tard au cours de la même journée, Charles captura personnellement une mitrailleuse à une équipe ennemie. Le 18e Bataillon est arrivé à Mons le 11 novembre 1918, le jour même qui marque la fin officielle de la guerre. Six mois plus tard, le capitaine Charles Smith revenait sain et sauf au Canada. Il a reçu sa Croix militaire des mains du prince de Galles durant sa visite au Canada en octobre 1919. Il est décédé le 5 juin 1960.

Bien que plusieurs anciens combattants autochtones pourraient prétendre avoir reçu plus de décorations que les frères Smith durant la Première Guerre mondiale, y compris le caporal Francis Pegahmagabow qui est souvent cité comme étant l’ancien combattant autochtone le plus décoré de cette guerre, ayant reçu la Médaille militaire avec deux barrettes, Alexander et Charles Smith ont tous deux reçu la Croix militaire qui est la plus haute distinction individuelle ayant été attribuée à n’importe quel ancien combattant autochtone durant la Grande Guerre. Elle est la troisième récompense militaire la plus prestigieuse après la Médaille de l’ordre du Service distinguée et la Croix Victoria.

Lectures complémentaires

Notice biographique
Nom et prénom Smith, Alexander George Jr.
Nation Haudenosaunee
Nom de bande Cayuga Nation - Six Nation
Lieu de bande Six Nations of the Grand River, ON
Notes biographiques Son of Six Nations Cayuga chief, Alexander George Smith, and brother of Charles Smith, who also earned a MC, Smith later became Chief. Cf. Native soldiers, Foreign battlefields, p. 13
Conflit WWI
Unité du CEC 20th Bn, (Can.), 37th Haldimand Rifles 17 yrs.
Grade militaire Lieutenant, Captain
Expérience militaire antérieure Haldimand Rifles
Date d’inscription 1914-01-01
Décorations décernées (MC)
Notes sur la décoration In Oct. 1917, Smith was posted to a training camp at Niagara-on-the-Lake, ON. Many soldiers from Poland trained there. Smith had been promoted captain and served as adjutant, the commanding officer's assistant. When the war ended, Smith was named an Officer of the Order of the Black Star, a Polish order, for his distinguised service at the camp. Cf. Native soldiers, Foreign battlefields, p. 13
Identificateur 1389